Portée : la danse fragile entre fréquence et distance
Parler de “portée” revient à questionner : jusqu’où l’onde peut-elle se propager sans disparaître dans le bruit de fond ? La réponse dépend de la fréquence, mais aussi du support, de la puissance d’émission, des obstacles et même de la météo.
Une équation d’énergie…
Plus la fréquence est basse, plus la longueur d’onde est grande. Paradoxalement, ces ondes “lentes” mais “longues” parcourent, en général, de plus grandes distances. C’est le cas des ondes radio AM, capables de traverser des continents, d’être réfléchies par la ionosphère (la couche haute de l’atmosphère chargée électriquement).
- Exemple : la radio AM (fréquence de 540 à 1 600 kHz) reste audible à des centaines, voire des milliers de kilomètres.
- À l’inverse, les signaux à très haute fréquence (supérieurs à 30 GHz, comme certains signaux 5G millimétriques) perdent rapidement en intensité, “avalés” par l’air ou réfléchis par le moindre obstacle.
… et de pertes sur le terrain
Cette question est loin d’être théorique : l’armée, les marins, les radiodiffuseurs – et aujourd’hui les opérateurs télécoms – en connaissent l’acuité. Les fréquences plus basses “accrochent le terrain” : elles se propagent en “onde de sol”, épousant les reliefs et la courbure de la planète. Les hautes fréquences, elles, voyagent à vue : droites, rapides, vulnérables.
Il n’est donc pas surprenant que les premiers réseaux mobiles (2G, 900 MHz) proposaient une meilleure couverture que les récentes bandes 5G millimétriques (26 GHz), qui peinent à franchir quelques dizaines de mètres hors ligne directe.