FM : le quotidien du spectre
La Fréquence Modulation (FM), innovation du XXe siècle signée Edwin Armstrong, a bouleversé le paysage radiophonique français à partir des années 1950. Sa bande s’étend de 87,5 à 108 MHz. Plus résistante aux parasites, la FM a opéré un saut qualitatif dans la restitution sonore, offrant une stéréo possible, une couverture locale démultipliée, et un zapping instantané entre genres et bulletins régionaux.
- En 2024, la France compte plus de 900 radios FM, dont une majorité de stations locales, associatives ou universitaires (Arcom - CSA).
- La puissance d’émission varie : de quelques dizaines de watts pour une radio associative à 10 kW (kilowatts) pour des émetteurs nationaux, selon la topographie et la zone couvrie (ANFR).
La FM n’est pas qu’une histoire d’aiguillage sonore : elle dessine des territoires, façonne l’audience, et impose des choix d’aménagement. Ainsi, la pyramide des fréquences et l’attribution font l’objet de négociations annuelles, arbitrées par l’Arcom, entre demandes associatives, groupes privés et service public.
Nombreux sont ceux qui ignorent que le Haut Conseil de la Coopération Audiovisuelle, puis le CSA (devenu Arcom), ont mis en place dès 1982 un schéma national d’implantation FM, au cœur des compromis entre couverture rurale, diversité des contenus, et contrôle des interférences.
FM et territoires : le cas paradoxal de la Corse
Une singularité française : la Corse bénéficie d’une densité de fréquences FM par habitant supérieure à la moyenne nationale, du fait de sa topographie accidentée et de la nécessité de couvrir des vallées isolées. À Ajaccio, le spectre FM est si encombré que certaines radios doivent céder la moitié de leur temps d’antenne à d’autres pour respecter les quotas de répartition.