“Entre science et sensation” : ce qui reste à explorer
Cartographier les fréquences, c’est comprendre la colonne vertébrale de notre société connectée. D’un côté, le spectre est partagé, millimétré, rationalisé — un “espace public” rationné selon des usages collectifs. De l’autre, il reste, pour une part, impalpable, enveloppé d’incertitudes, de fantasmes et de questions sans réponses tranchées.
Le passage de la parole — portée par la voix humaine en 900 MHz — au nuage de données qui circule à 3,5 GHz, puis bientôt à la quasi-instantanéité de la 26 GHz, interroge sur notre rapport au monde, à la proximité, à la distance.
Alors que le spectre s’anime de nouveaux usages (voitures autonomes, télémédecine, agriculture connectée), un fait s’impose : ce qui traverse nos murs traverse aussi, inexorablement, nos débats et nos représentations. La compréhension collective du spectre reste — elle aussi — un chantier ouvert.
Comme le notait déjà James Clerk Maxwell en 1865 : “Il est impossible d’échapper à l’influence permanente de l’électricité et du magnétisme.” À la lumière du XXIe siècle, il semble que nous en fassions plus que jamais l’expérience, sans toujours percevoir ce qui nous relie.