Fréquences basses : l’égalité par la distance
Les fréquences basses — de 700 à 800 MHz — ont longtemps été louées comme les championnes de la desserte rurale. Leur signature : couvrir de larges superficies avec moins d’antennes, un avantage décisif pour les zones peu denses. D’ailleurs, la bande 800 MHz a été surnommée la “fréquence en or” lors de l’attribution des licences 4G par l’ARCEP.
Pourquoi cette efficacité ? À 700 ou 800 MHz, une onde peut franchir facilement 10 à 12 kilomètres, contre 2 à 4 kilomètres pour une onde à 2600 MHz. À densité d’antennes équivalente, la couverture s’étale ainsi bien plus loin en campagne.
- En environnement rural dégagé : une antenne 800 MHz peut très largement couvrir un rayon de 15 à 20 km selon les données techniques de l’ANFR (Agence Nationale des Fréquences).
- Effet direct : le coût du réseau en zone rurale, calculé en km² desservis/antenne, chute de près de 60 % entre 2600 MHz et 800 MHz (source : IGF, rapport 2020).
C’est aussi cette fréquence qui, ces dix dernières années, a permis l’extension des réseaux dans les “zones blanches” — là où ni la 2G, ni la 3G ne pénétraient. C’est, littéralement, la colonne vertébrale de la connectivité “basique” des campagnes.
Le paradoxe du débit
Mais il y a un revers. Plus la fréquence est basse, plus la bande passante utilisable est limitée. À 700 MHz, la largeur de bande allouée (généralement 10 à 20 MHz par opérateur) bride mécaniquement la capacité. En clair : la couverture augmente, les débits plafonnent.
Sur l’ogive de la 5G, la bande 700 MHz, souvent déployée dans les zones rurales, permet ainsi des débits souvent proches de ceux de la 4G, sans franchir la “rupture” annoncée. L’innovation reste en partie symbolique.